[#11] Isa - "I quit mon job en Marketing dans la Pub pour devenir fleuriste"


Je ne suis pas très scolaire. J’ai fait des études parce qu’il fallait en faire. J’ai fait un Bac STMG, puis une École de commerce. En Master 1, j’étais en alternance dans le domaine de la publicité. Mais l’ambiance ne me plaisait pas. Et la pression sur les apprentis était telle que j’avais l’impression d’être un cadre !


Quand je rentrais, je n’étais pas bien. Je pleurais pour rien, j’étais à bout de force. Ce surmenage a mené à un épuisement tel que je n’étais pas loin du burn out.

J’étais si stressée que je m’enfermais complètement. Le soir, au lieu de voir des gens, je mangeais seule et regardais la télé.

Le manque d’aspect créatif de mon poste me frustrait énormément. En plus, j’avais mal partout d’être si statique, j’avais besoin de bouger ! Je savais ce qui me plairait, mais je voulais préserver ma sécurité.... Mais en cours d’année, j’ai brutalement mis fin à mon alternance.


J’ai toujours eu une fibre artistique. Mais dans le Marketing, ça se limitait à faire de belles slides...

Depuis quelques temps, je pensais aux fleurs . Je me suis vraiment informée. Et j’ai décidé de rejoindre l’Ecole des fleuristes, où j’ai fait un CAP en alternance. Je pensais être la seule à me reconvertir, et en fait il y a tellement de monde !

J’ai commencé dans une boutique de luxe. Je voulais avoir une super formation. Ca a été une super école. J’ai appris la rigueur. Les fleurs demandent autant de rigueur que la cuisine ! Mais ça a aussi été très difficile. L’ambiance “luxe” était très spéciale. Je suis ensuite allée dans une autre boutique. Et 1 an plus tard, j’ai obtenu mon CAP.


Après le CAP, j’ai hésité à faire un Brevet professionnel, plus poussé. Mais finalement, une opportunité s’est présentée : j’ai rencontré la fondatrice de Rose et Chardon, une boutique de fleurs à Meudon. On s’est si bien entendues que j’ai rejoint sa boutique. Et cette année, j’y ai décroché un CDI !

Financièrement, j'aurais pu être mieux payée avec un job en Marketing qu'avec mon job en temps partiel. Mais j'ai choisi cette voie parce qu'à mes yeux, c'est important d'aimer ce qu'on fait, et d’avoir du temps pour soi.

Je ne consomme pas comme avant, où je m’achetais des vêtements que je ne mettais même pas. Là, je fais attention, j’achète de la seconde main, des objets de petits artisans.


Ca a été super dur. Surtout par rapport à mes parents, qui me disaient : “Tu fais ta crise d’ado”. Mais il faut écouter son coeur, même si ça coûte quelque chose. Les gens ne peuvent pas vivre à notre place ! Mon copain a lui été d'un grand soutien pendant ces périodes. Il m'a beaucoup poussée. Aujourd’hui, je suis super contente. Mes horaires me permettent d’avoir du temps pour moi, et pour les autres !

Dans les fleurs, ce que j’aime, c’est l’évasion. Il y a tellement de variétés que tu n’as jamais fini d’en découvrir de nouvelles, toujours plus extraordinaires. J’aime aussi énormément le côté humain, être en contact avec la clientèle et ressentir directement sa reconnaissance.

Et depuis que je suis fleuriste, je me suis mise à faire des illustrations, partagées sur mon Instagram Isagique Illustrations.


Parfois, tu as des jours difficiles, tu doutes. Tu te dis : “Je devrais prendre un job plus tranquille”. Mais ma thérapie, c’est de créer. Et en tant que fleuriste et artiste, je sais que je vais créer.