[#13] Siham - "I quit l'idée d'une carrière prédéfinie pour créer le podcast Génération XX"


Reconversion professionnelle

J’ai fait une prépa, puis l’EM Lyon. J’ai toujours bien aimé les médias. Je voulais bosser dans le ciné. J’ai donc fait un stage chez Studio Canal. C’était très cool humainement. Mais j’ai trouvé ça frustrant de ne pas bosser sur un projet de A à Z. En plus, j’étais surtout en finance. Or dans le ciné, ce qui me plaisait, c’était la créa, la prod...


J’ai ensuite trouvé un stage chez Orange, dans l’équipe qui investit dans les startups, je faisais des dossiers d’investissement. A la fin de mon stage, j’ai rejoint une des startups, en e-commerce. C’était mon premier CDI, bien payé, mais je me suis rendue compte au fur et à mesure que la culture de la boîte ne me correspondait pas.


Je travaillais entre Paris et le Nigéria. C’était stimulant et j’ai appris pleins de trucs. Mais j’ai aussi appris ce qui ne m’allait pas. Typiquement, être dans une boîte où tu sens qu’il faut avoir une certaine personnalité pour réussir. J’avais l’impression qu’il fallait être un peu “cow-boy”, rester tard le soir pour montrer qu’on travaille beaucoup. Et ça n’est pas moi !

Lorsque j’ai quitté cette startup, une ancienne collègue m’a proposé de monter une boîte avec elle. On a commencé à monter le business plan. Puis au retour d’un voyage, j’ai imaginé créer une marque de maillots de bain… Finalement je n’ai poursuivi aucun de ces deux projets, mais ça m’a permis d’entrer dans le “trip” de créer. Pourtant, je n’avais jamais eu la fibre entrepreneuriale, si encouragée à l’EM Lyon !


J’avais 24 ans, j’étais un peu perdue, et j’ai commencé à écouter des podcasts américains pour découvrir des parcours.

Ils m’ont appris à me poser les bonnes questions - “C’est quoi réussir ? Et échouer ?” - ou encore que ça n’était pas grave de ne pas connaître mon plan de carrière. Je n’ai jamais su répondre à la question : “Tu te vois où dans 5 ans ?”. Pour moi, tu te crées des opportunités, tu rencontres des gens...

Je me suis alors dit : “Les podcasts m’ont aidée, pourquoi ne pas en lancer un ?”. J’ai vraiment lancé Génération XX de manière naïve et spontanée. Je n’avais aucune idée que j’en serais là 4 ans plus tard. C’est devenu une activité à temps plein. J’ai monétisé, créé une ligne édito… Et surtout, j’ai appris énormément de choses : sur moi, sur ce que j’aime ou pas dans le travail, la place que je veux lui donner dans ma vie...


Je reçois beaucoup de messages d’auditrices et auditeurs qui me remercient pour le podcast et ça me procure une immense joie. Ce qui est fort, c’est quand je me rends compte qu’il y a des visages derrière le nombre d’écoutes. Par exemple, une de mes invitées s’est confiée sur un sujet difficile et m’a confié que ça avait vraiment représenté une chose énorme pour elle de s’approprier son histoire via mon podcast...

J’ai appris à me poser des questions de conscience citoyenne, politique... Je me dis : “C’est quoi la vision de la société que je veux faire passer ?”.

Mais c’est parfois dur que tout le business repose sur toi. Tu évolues en 4 ans, et ça peut te mettre la pression quant à ce que les gens veulent que tu renvoies comme image. Or c’est important de se dire : “Non, je ne suis pas là pour renvoyer aux gens l’image qu’ils attendent de moi.


Et puis, beaucoup de choses dépendent de toi. Si tu veux que ça avance, c’est toi qui dois le faire. Personne ne le fera à ta place ! Mais ce qui est incroyable dans le fait de monter un projet - versus être dans un job “classique” - c’est que si j’ai une idée, je l’exécute.

Je n’ai plus de validation à attendre de quiconque. J’ai la liberté de créer, d’imaginer, ma créativité est stimulée… tout est possible !

J’ai monté ma boîte pour ne pas avoir à “subir”… Et en 4 ans, j’ai réussi à faire tellement de choses que j’ai adorées, sans jamais avoir à demander la permission ! Moi, je n’ai pas “quit un job” pour un autre. J’ai quit l’idée d’avoir une carrière toute tracée. J’ai quit l’idée de savoir où j’allais être dans les prochaines années.