[#26] - Jean-Baptiste - "I quit le Biz Dev pour fonder le service de livraison Baba Au Run"


reconversion professionnelle

« J’ai fait un lycée militaire, Saint-Cyr, avec mon frère (on est fils de militaire). On y était super heureux, parce qu’on faisait plein de sport et qu’on était tout le temps entre amis. Puis j’ai eu mon bac, et j’ai fait une prépa éco à Saint-Jean de Passy, dans le 16ème. J’ai ensuite intégré l’ESSEC en 2014. Là-bas, j’ai fait plusieurs stages.


Mon premier stage était en Jamaïque, pendant 4 mois. Je travaillais pour un groupe hôtelier. Puis j’ai fait de l’immobilier pendant 2 ans, en apprentissage. C’était un pur hasard, mais ça m’a bien plu !Suite à ça, j’ai fait toute la côte ouest des Etats-Unis en Rosalie (voiturette à pédale) avec des potes pour interviewer les Alumni de l’ESSEC qui habitent là-bas.

J’ai adoré leur mode de vie. Ils sont les “slasheurs”, c’est-à-dire qu’ils ont plusieurs jobs… Par exemple, ils bossent en production cinématographique une partie de la semaine, et sont architectes d’intérieur le reste du temps… ou encore dans la communication, et dans la fabrication d’objets en porcelaine… Et moi, je ne vois pas pourquoi je n’aurais qu’un seul job !

Au retour de mon voyage, j’ai alors rejoint le restaurant Farago en tant que Business developer. J’ai touché à pleins de trucs : recherche de locaux, création de la carte… ou des tâches manuelles. J’ai fait ça 1 an, mais je savais que j’avais envie d’être à mon compte tôt ou tard. En mars 2019, lors d’un déjeuner avec ma sœur, le jeu de mot “baba au run” m’a fait rire. Je lui ai dit : “Je vais lancer un service de livraison de babas au rhum en courant.”


L’idée est également venue du fait que je trouvais le concept de cuisine fantôme (“dark kitchen”) un peu tristoune et éloigné de ma vision de la restauration. Je trouvais ça très étrange, et je voulais du contact humain ! J’ai donc pris le contrepied avec un truc loufoque et rigolo, et j’ai commencé à livrer mes pâtisseries, que j’achetais chez de supers pâtissiers, en courant dans Paris.


Au début, je ne livrais que des babas au rhum, je trouvais ça marrant. Puis j’en ai livré assez vite 100.. puis j’ai ajouté les éclairs… et finalement, n’importe quelle pâtisserie ! Je rencontrais plein de gens, et je faisais plein de sport. En septembre 2019, je me suis alors demandé si je voulais continuer à bosser pour Farago. Et je me suis dit : “Non : je me mets à temps plein, et je vois.”

J’ai un attrait pour le secteur de la gastronomie : c’est sain, c’est un savoir-faire “de l’ancien monde”, mais il y en aura toujours demain... Et ce qui est génial avec les pâtisseries, c’est que c’est un luxe accessible : pour 5 euros tu peux te faire vraiment plaisir. J’ai ensuite lancé les “Aventures Baba au Run” : j’imagine des opérations de com rigolotes autour de la gastronomie, et je les propose à des marques en tant que brand content.

Par exemple, j’ai fait un Paris-Biarritz en Cityscoot : tous les jours je goûtais un dessert, rencontrais l’artisan, et le soir je dormais chez l’habitant. J’ai aussi mangé un Montblanc au sommet du Mont-Blanc ! Après, il est vrai que quand tu démissionnes, tu sais ce que tu quittes... mais tu ne sais pas où tu vas.


Et même si je fais marrer les gens et que j’adore ce que je fais, la réalité est parfois dure. Par exemple, j’ai dû annuler 80% de mes aventures en 2020. En décembre, quatre opérations étaient prêtes, et elles ont sauté à cause du confinement... Aujourd’hui, je gagne ma vie avec mes aventures : je vends mon temps, mon image et mes idées…

Ce que je préfère, c’est créer de nouvelles idées. J’ai pleins de projets pour l’année qui vient. Mon but en 2021, c’est d’avoir une émission pour la télé. J’ai écrit une émission autour de la gastronomie, de la rencontre et du voyage d’aventure... Je n’ai pas peur de grand chose, et au pire si ça doit s’arrêter, je n’aurai pas de regrets, car j’aurai essayé.