[#27] Manon - "I quit l’idée d’une carrière en marketing et en communication pour devenir artiste"


reconversion profesionnelle

« J’ai fait un Bac S parce que ça me permettrait de tout faire… Mais j’aurais plutôt voulu faire un Bac Technologique Art Appliqué… Une fois mon Bac S en poche, j’ai obtenu le concours des Beaux-Arts de Rouen. Mais j’ai vite compris qu’il serait compliqué de vivre en tant qu’artiste. Les étudiants en dernière année travaillaient chez Franprix pour boucler les fins de mois…


La sécurité étant quand même importante pour moi, je me suis orientée vers la communication et le marketing, où il y a toujours un côté créatif, via par exemple la création d’affiches ou de supports… Pendant mon BTS et ma Licence, j’ai fait plusieurs stages (notamment dans un labo médical), et une alternance. Mais j’ai arrêté de créer. J’ai totalement banni ça de mon quotidien…

J’ai toujours eu envie de me lancer dans un projet, mais je ne savais pas quoi. J’ai donc décidé de me lancer dans un Master en Entrepreunariat. Au sein de ce Master, j’étais toujours en alternance en com et en marketing. En première année, on faisait des projets d’entrepreneuriat en marketing digital pour vendre des applications…

Et en deuxième année, on a dû choisir un projet perso. J’ai alors eu un déclic. Je me suis dit : “Tout ce que j’ai appris en com et en marketing, ça va me servir… Mais là, j’ai envie de créer !”. Je me suis rendue compte que créer me permettait de m’isoler, de me détendre… Bref, de me mettre en accord avec

moi-même.


Aux Beaux-Arts, je faisais de la peinture, de la sculpture, c’était très artisanal. Mais en Master, j’ai commencé l’illustration en digital avec une tablette. J’ai alors eu une révélation. Je me suis mise à refaire appel à ma créativité et à avoir des petits frissons. Je me suis dit : “Pourquoi ne pas faire un projet perso qui mêle la création et ce que j’ai appris en com et en marketing ?


Au sein de mon entreprise, j’étais responsabilisée, très bien intégrée, les gens étaient supers. Mais à la fin de mon alternance, j’ai quand même décidé de dire non à ce job, pourtant vraiment sympa… et je suis partie 6 mois en Nouvelle Zélande avec mon copain pour apprendre l’anglais ! Ca a été une expérience incroyable.

Là-bas, j’ai pu prendre du recul sur mon projet artistique, et j’ai tout noté dans un carnet. J’ai alors commencé à écrire une histoire, à imaginer un univers autour de mes illustrations, en leur donnant une personnalité, des parcours. Je ne voulais pas juste quelque chose de joli, je voulais aussi que mes illustrations aient du sens. En plus, c’est en Nouvelle-Zélande qu’a été écrit Le Seigneur des Anneaux. Du coup, j’étais hyper inspirée !

A mon retour, pendant le confinement, j’ai fait un financement participatif et je me suis lancée. Aujourd’hui, je décline mes personnages sur différents supports : des affiches, des t-shirt… et je prépare de nouvelles choses pour Noël ! J’ai été sélectionnée pour participer aux Puces de l’illustration à Paris, qui s’est déroulé exceptionnellement en ligne.


Et j’ai été sélectionnée pour exposer mes oeuvres au sein d’un pop-up store éphémère à Rouen ! Parfois, je doute, surtout par rapport aux revenus… Mais même si je n’ai pas beaucoup de revenus, j’ai beaucoup de reconnaissance. C’est hyper cool quand tu travailles pendant des semaines, et que les gens te disent : “C’est super !


De temps en temps, tu as des coups de mou… Mais ça repart toujours ! Tu as l’énergie, parce que tu es motivé par ton projet. Tu ne vois pas le temps passer, tu es à fond. Et il est important de rester tout le temps à l’affût. Par exemple, à Rouen, j’ai rejoint une association d’artistes, Les bons enfants terribles. Malgré le Covid, il ne faut pas perdre sa motivation ! »