[#30] - Clément "I quit l’idée d’une carrière prédéfinie pour faire des confitures au miel français"


reconversion professionnelle

« Après le Bac, deux choses m’intéressaient : la Physique Chimie et l’Histoire. J’ai choisi de faire 2 ans de Physique Chimie... mais ça n’était pas pour moi. Mais pendant cette période, j’ai quand même beaucoup appris sur moi, et sur ma capacité à m’avouer quand je ne suis pas sur le bon chemin et qu’il faut changer de voie. Et du coup, je suis parti en Histoire, à la Sorbonne.


J’y ai découvert un univers nouveau pour moi. J’ai commencé à lire, à développer ma culture générale et mon esprit critique, notamment à travers mes rencontres. Passionné de sport, je voulais m’orienter vers du journalisme sportif. En Master, j’ai donc opté pour cette voie, et j’ai d’ailleurs réalisé mon mémoire sur l’image du Nord-Pas-de-Calais à travers la course cycliste Paris-Roubaix !


En 2015, j’ai travaillé sur la caravane publicitaire du Tour de France. J’ai adoré. Du coup, je me suis orienté vers l’événementiel. J’ai toujours cherché à travailler dans des petites entreprises, dans lesquelles tu touches à tout, où on n’hésite pas à te confier des responsabilités. J’ai fais mon premier stage dans une petite boîte de logistique événementielle. C’était top, l’absence d’horaires de ce secteur ne me convenait pas…

J’avais fait 5 ans d’études “passion”, mais qui ne débouchaient sur rien. J’ai alors décidé de reprendre mes études, et j’ai fait une Ecole de commerce pour être sûr de trouver un travail (et bien payé). Puis j’ai fait un stage dans une toute jeune startup de coaching sportif à Londres. On était trois, et chaque semaine était différente de la précédente. Ce fut une aventure incroyable.

C’est cette expérience qui m’a motivé à créer ma boite. L’idée des confitures m’était venue à la table de ma cuisine. Les confitures, on en a toujours au petit déj. J’ai donc eu envie d’essayer d’en faire. J’ai fait comme dans les livres, 1 kg de fruits, 1kg de sucre : le rendu était hyper sucré ! Je me suis alors dit : “Il y a un truc à faire avec la réduction du sucre, il est possible d’imaginer des confitures originales...”.


Après un voyage en Amérique du Sud, j’ai voulu me lancer, mais j’avais peur. J’ai donc commencé à chercher du travail. Mais les offres ne m’emballaient pas. J’ai alors reçu un mail de Pôle Emploi pour intégrer un programme d’aide à la création d’entreprise sur 6 mois au sein d’un incubateur : 15 projets sur 150 ont été retenus… dont le mien ! En mai 2020 j’ai donc suivi une formation de confiturier, trouvé un labo en juin, et… c’était parti !


Quand j’ai lancé Clem Confitures, j’avais deux idées en têtes : faire des confitures moins sucrées, et créer des saveurs originales. Le saccharose étant mauvais pour la santé, j’ai cherché une alternative naturelle au sucre. Je me suis tourné vers le miel, car on en a en France, et que je suis attaché au made in France. En plus de ça, le miel apporte une touche d’originalité à la recette.

En août, j’ai commencé à sortir les premières recettes. Mais j’ai eu pas mal de problèmes avec elles, avec mes fournisseurs… Tu ne prends pas conscience de la solitude de l’entrepreneur jusqu’à ce que, face aux premiers échecs, tu te dises : “Qu’est ce que je suis parti f*** dans cette galère là ?” Mais tu ne peux pas remettre en question tout ton projet. Tu dois avancer ! Et ça, ça m’a mis du temps. J’ai même regardé à nouveau les offres d’emploi…!

En octobre 2020, j’ai cramé mes marmites en essayant une nouvelle recette. Je voyais que je n'avançais pas, que mon compte se vidait. J’ai failli abandonner… Puis j’ai décidé d’arrêter de me prendre la tête, d’être moins difficile avec moi-même, et j’ai sorti trois nouvelles gammes de confiture. Au début, tu veux que ton produit soit parfait. Mais il ne le sera pas ! Il faut l’accepter. C’est ce qui fut le plus difficile pour moi.


Et aujourd’hui, Confiture Clem, ça prend bien ! Après Noël (2020) il ne me restait quasiment plus de stock. Un soir en urgence, on a même collé des étiquettes sur les pots de confiture jusqu’à 2h du mat pour les ventes du lendemain. Sur les marchés, j’ai eu de bons retours, les gens les ont même mangées à la petite cuillère ! Je suis hyper content... ça devient enfin concret. »