[3] Claire - "I quit mon job en maison de disques pour enseigner à l’école primaire"


épanouissement professionnel

Je suis diplômée en biologie et d’une école de commerce. Après mon diplôme, j’ai été 7 ans assistante dans une maison de disque. C’était une super boîte, très jeune. Tu as pleins d’avantages, tu es invité à pleins de concerts, champagne pour fêter les disques d’or… Je me suis fait beaucoup d’amis.


Mais mes tâches étaient rébarbatives. Je faisais toujours la même chose: réserver des hôtels, taxis ou restos pour mes patrons... Ca n’était pas très funky, pas très intéressant.

Le soir, je rentrais chez moi, je n’avais rien accompli, rien construit. Je me sentais inutile, et ça me déprimait.

Du coup, le jour où on a eu un plan social, j’ai eu un déclic. Je me suis dit: “C’est maintenant ou jamais. De toutes façons, j’ai fait le tour de ce job depuis bien longtemps”. Je n’avais aucune idée de quoi faire. Je me suis inscrite au concours de professeur des écoles sans y croire. Ça me trottait la tête depuis un certain temps, mais je n’y pensais pas sérieusement.


En parallèle, suite à un bilan de compétences ayant fait ressortir mon côté “arty”, je me suis inscrite à une formation de graphisme aux Gobelins. C’était super, j’ai retrouvé confiance en moi. Mais je ne me suis pas lancée là-dedans. Démarcher des clients, c’est pas mon truc. Et puis, j’ai besoin d’un cadre.


A aucun moment pendant mes révisions pour le concours de professeur des écoles je ne me suis dit : “C’est pour moi”. Mais pourtant, je l’ai eu !

Et dès ma première rentrée de septembre, j’ai senti que j’avais enfin trouvé un sens. Je me sentais enfin utile. Je me suis dit: “Mais en fait c’est cool !

Au début, j’ai galéré. Je n’ai jamais autant travaillé. La quantité de boulot est énorme ! Je préparais mes cours la veille pour le lendemain, car je n’arrivais pas à m’avancer assez le week-end. En plus, dès ma première semaine, j’étais envoyée dans une classe alors que je n’avais jamais été devant des élèves. C’était impressionnant. Ça m’a pris du temps pour savoir comment m’adresser à eux.


Un jour, j’ai même éclaté en sanglots devant une formatrice, j’étais épuisée d’être assaillie de “Maîtresse ! Maîtresse !” toute la journée. Elle m’a appris à m’imposer, à ne pas me faire manger… à poser un cadre. Je suis tombée sur plusieurs profs formateurs exceptionnels comme elle.

Ca me plait, je m’éclate. Je prends beaucoup de plaisir. En plus, avec le temps, j’ai appris à m’organiser.

Je recherche tout le temps des idées en ligne, et dans des livres, qui permettront aux élèves d’apprendre de la meilleure façon possible... et surtout, en s’amusant.


Certains soirs, tu es épuisée d’avoir “crié” toute la journée. Mais quand ça marche, ça te fait tellement plaisir. Ce sont pleins de petites victoires...


Ca fait maintenant 4 ans que je suis professeure des écoles, et j’ai enseigné dans trois écoles différentes. Je serai peut-être fatiguée un jour, car c’est crevant d’être tout le temps debout, de parler toute la journée, c’est bruyant (surtout en maternelle)... Mais pour l’instant, ça me plait énormément.