[#40] Max "I quit mon job en startup pour créer des boissons saines et responsables"


reconversion professionnelle

« Je n’ai jamais été un très bon élève. J’étais même dernier ! Je me suis remis dans le droit au chemin au Lycée, et je suis allé en École de commerce, mais je ne me sentais pas à ma place. Depuis que je suis tout petit, j’adore vendre. Je vendais des coques d’iPhone à la sortie de l’école. A 15 ans j’organisais des soirées payantes. Je travaillais dans des restos le dimanche…

En première année, j’ai donc décidé de faire un un stage en tant qu’Assistant Direction Commerciale, dans un Grand groupe du CAC 40. Mais je n’y ai rien appris. Les gens étaient faux, pas passionnés, désintéressés du travail, sans goût, sans culture. Je me suis dit : “Je ne veux pas du tout évoluer dans une entreprise où tu n’es qu’un numéro, où tu es remplaçable en 5 minutes".

En deuxième année, avec mon meilleur pote d’enfance, on a décidé de lancer une boîte de conseil à la prise de parole en public pour les startups. On s’est dit : “Les mecs qui pitchent, ils ont beau avoir de bonnes idées, ils ne s’y prennent pas bien”. Du coup on a créé des cours en 5 séances pour les aider. C’était génial, on a beaucoup appris, mais j’ai fini par arrêter le projet.


J’ai ensuite rejoint une startup, Oh my Tea (vente de thé en vrac) en tant que Responsable développement. En parallèle de mon job, j’étais livreur Deliveroo. Et en discutant avec les restaurateurs, j’ai réalisé que toutes leurs boissons étaient chimiques, mauvaises, pas responsables, pas saines.


J’ai alors suggéré aux restaurateurs de proposer des bouteilles de thé naturel. Le packaging était ultra basique (une étiquette avec écrit au stylo “Thé vert menthe”), et ça ne se conservait que 3 jours au frais... Pourtant, ça a super bien marché ! Je me suis dit : “Ok y a quelque chose à faire”.


J’ai pris mon scoot et j’ai fait le tour de dizaines de supermarchés pendant 1 mois. J’ai ramené 1000 bouteilles, je faisais des fiches produits. Suite à ça, j’ai créé des recettes dans ma cuisine. Quelques mois plus tard, j’ai quitté ma startup et je suis parti en R&D dans le meilleur labo d’Europe. On a créé les recettes pendant 1 an, on a énormément innové dans la façon de sourcer, de donner un style à la boisson…


Si vous buvez du Jomo, vous verrez qu’il y a un lien : quelque chose de sain, elles sont liées les unes aux autres. Ce sont des produits purs, bios (notre conservateur, c’est de l’agrume). Depuis 2 ans, c’est que du kif. Je m’éclate, j’en redemande tous les jours. Il n’y a pas un jour où je me suis dit : “J’ai envie d’arrêter.”

Au début, je stockais chez mes parents, et je livrais en scoot puis en smart. Aujourd’hui on a des entrepôts de stockage, et on fait de 8 à 15 livraisons par jour aux restos, en camionnette. Courant mai, on lance notre e-shop. J’ai embauché un Responsable logistique, et une personne en charge de la partie créa. Ma mère rejoint aussi l’aventure dans 3 mois ! Elle travaillait dans un grand groupe, mais désormais, elle va s’occuper de nos clients.

Pour le moment, on n’a que trois recettes, mais notre équipe R&D travaille tous les jours. Et on a vendu 500 000 bouteilles en 2 ans ! Mais c’est très dur, beaucoup plus dur que le salariat. Il faut vraiment le vouloir. Beaucoup de gens se lancent mais c’est une cata au bout de 8 mois. Tu ne t’improvises pas entrepreneur. Il faut avoir une vraie envie.


Tu ne le fais pas parce que “c’est cool”. Ca peut paraître fou, “whaou, tu es libre !”, mais c’est pleins d’emmerdes : financières, impossibilité de te projeter… Mais personnellement, je vis ça comme un challenge, comme une expérience personnelle… et désormais collective. »