[#42] Polo - "I quit l’industrie musicale pour organiser des événements culturels à Bangkok"


« Je suis né en 1989. A 12 ans, j’ai été envoyé chez mon père à Jakarta, qui travaillait dans l’aviation. J’ai fait 1 an au Lycée Français, puis on a déménagé à Bangkok. Après mon Bac S option Physique, je suis rentré en France. J’ai fait un mois de prépa Physique à Bordeaux. Je voulais travailler dans l’acoustique, dans les salles symphoniques. J’ai eu une Licence de Physique générale à l’Université Bordeaux 1.


Puis j’ai fait un Master 1 Physique Mécanique, et un Master 2 entre Bordeaux et l’Ecole d’architecture, en Physique appliquée à l’Urbanisme. J’ai ensuite travaillé chez Nagata Acoustics, un leader mondial de l’acoustique symphonique. J’ai bossé sur le projet de la Philharmonie de Paris : j’ai eu la chance de pouvoir aider à la conception des nuages acoustiques au plafond ! Ils n’embauchaient pas à Paris, je n’ai donc pas eu d’offre d’emploi.

Je suis rentré à Bordeaux, et pendant 1 an, je me suis mis en statut d’auto entrepreneur pour faire de l’acoustique de bar (gestion de conflits bars-riverains). En parallèle, j’avais monté un groupe, on faisait du hip hop jazz, c’était fantastique. J’ai commencé à organiser mes premiers concerts à la Fac, au sein de l’asso Ternaire. Je faisais des soirées créatives à Bordeaux : de la peinture, le soundsystem, les instruments de musique...

C’est là que j’ai trouvé mon premier travail, un service civique dans une salle de concert. J’invitais des intervenants à parler sur le développement de leur carrière artistique. Mon service civique a duré 6 mois, et j’ai été embauché. Au bout d’un an, il y a eu une petite crise économique, et mon CDI n’a pas été renouvelé. Et là je me suis dit : “Ok c’est mort, je veux plus retourner dans l’acoustique”.


J’ai rejoint Bob El Web, un service de logiciels dédiés aux producteurs de spectacle pour qu’ils vendent mieux leurs artistes. J’étais en charge des artistes indépendants. J’ai fait ça 3 ans, c’était super comme première expérience en entreprise privée. J’allais dans les salons et festivals en France et en Europe. J’avais mes accréditations, et je cherchais des artistes, je développais la marque...


J’avais un peu arrêté mes soirées avec le Ternaire. On a décidé de reprendre, et on a créé un festival, L’effet Papillon : on a fait trois éditions. J’étais co-directeur, je m’occupais de la programmation et de la billetterie. On a eu 2000 personnes par édition ! C’était multiculturel : il y avait du cirque, de la musique pour adultes comme pour enfants… Mais en 2015, le festival a dû s’arrêter, par manque de subventions.

A mes 30 ans, j’ai eu un déclic. Je me suis dit : “Le CDI, c’est trop facile”. Le lendemain de mon anniversaire, j’ai quit. J’ai rejoint mon père, à Bangkok. Il m’a donné l’idée de créer un site répertoriant les événements culturels et artistiques à Bangkok. Pendant 1 an, j’ai réfléchi à ce site, je me suis renseigné sur les permis de travail, sur le prix de la vie, sur mon envie de m’expatrier à Bangkok… Et j’ai sauté le pas.

J’ai développé le site Bangkok Haps.com : c’est un calendrier des events culturels et artistiques de Bangkok. Il y a aussi une partie blog où on interviewe les gens de la communauté culturelle. J’ai rencontré plein de monde ! Je fais aussi du marketing artistique : j’aide n’importe quelle entreprise, magazine, ou individu à utiliser l’art en tant qu’outil marketing. Par exemple, je vends des expos d’arts à des restos, des playlists à des restos ou sites...


Je suis aussi copropriétaire d’un bar ici, le Last Drop. Je m’occupe événements et du marketing. Mon rêve, c’est d’organiser des événements et de faire briller les artistes, de mélanger les gens. Grâce au site, j’ai pu développer un réseau très intéressant. Du coup, j’organise mon premier petit festival pluridisciplinaire à Bangkok fin juin : il y aura 500 personnes ! Et là, je réécris le business plan pour faire un truc plus gros, avec huit salariés.

Mais s’installer en Thaïlande, ça n’est pas facile. Les Thaï ne rendent la chose facile aux étrangers. Le business, les négociations… ça n’est pas comme en France. Et donc, être chef d’entreprise, c’est pas facile non plus. En plus, je ne gagne aucun argent depuis que je suis ici… et mes économies commencent à bien descendre ! Mais j’y crois, je cherche à récolter 100k pour envoyer du pâté ! »