[#53] Claudia - "I quit une carrière dans la Com pour faire le tour du monde et apprendre à surfer"


reconversion professionnelle

« J’ai obtenu un Diplôme d’un IUP Tourisme événementiel à Nice. J’ai toujours eu envie de voyager. Jeune, je voulais être hôtesse de l’air ! C’est pour ça que j’ai choisi l’hôtellerie. J’étais Restaurant Manager dans des Hôtels de Luxe. Répondre aux attentes des clients en étant créative et dynamique, je trouvais ça passionnant.

Je suis partie en Suisse, en Angleterre… Puis je me suis expatriée au Canada. Je m’y suis fait plein d’amis. Je gagnais 2500 dollars, mon appartement ne me coûtait que 500 dollars. Je kiffais ma vie ! Après 3 ans, je me suis dit qu’il était temps de rentrer en France. Mais à 35 ans, débarquer à Paris, c’était hyper dur. Les gens étaient très fermés d’esprit, surtout en termes professionnels.

J’ai passé un entretien dans une agence de Relations publiques. Elle m’a dit : “Ton CV est très orienté événementiel : fais ce qui est écrit sur ton CV, non ?”. C’est tellement différent au Canada ! Le “You can do it”, ça n’est pas une blague ! Finalement, j'ai été débauchée pour rejoindre l'équipe événementielle de BPI France. Super expérience, mais quand j'ai essayé d'évoluer vers un poste en digital, j’ai été “cloisonnée”...


Du coup, je me suis payé toute seule une formation en Stratégie digitale en parallèle. Je bossais le soir, les week-ends... Un jour, en hiver 2019, j’arrive à mon taf, et je dis à une amie : “Je sens que j’arrive à bout. Paris me tue à petit feux. J’ai envie de me barrer”. Elle me répond “Réfléchis bien”. Et justement, je me suis dit : “Je ne suis pas une personne réfléchie. J’ai besoin de m’écouter !”.


Immédiatement, je suis allée dans le bureau de mon boss, et j’ai démissionné. Je suis partie pour un surf trip. Je n’ai rien programmé, j’ai pris juste un aller simple. J’ai bougé de pays en pays, le but était de me poser 1 ou 2 mois à chaque endroit. Je suis allée à Bali, à Lombok… et c’est là que j’ai appris à surfer ! J’y suis restée 3 mois.


Aux Philippines, j’ai fait deux îles. J’ai aussi fait la Birmanie : un coup de cœur, une claque. J’ai retrouvé la sincérité dans le regard et le sourire des gens. J’ai enchaîné sur le Sri Lanka. Tous les jours, j’étais habillée en maillot de bain, en short T-shirt, sans maquillage. Même si le monde du surf n’est pas si glorieux et cool, et qu’il peut être hyper agressif et macho, tu as cette liberté d’être sur ta planche, dans l’eau...

Et tu as ce côté “humble” face au set de vagues. Tu dois t’en sortir, tu dois rider. Parfois, tu es face à une vague beaucoup trop grosse pour toi. Tu te dis : “Je suis rien, juste une petite personne sur l’eau”. Et la sensation est magnifique. Pendant ces sessions, j’ai pu réfléchir à ce que je voulais. Pendant mon surf trip, je me suis fait un ami. Et en mai 2020 et on s’est organisé un trip en 4L pour monter au Cap Nord. On a fait toute la Scandinavie !

On a redécouvert la nature. Les Scandinaves partent du principe que la nature appartient à tous, mais qu’il faut la respecter. En Suède, on faisait canöe trip de trois jours, et je reçois un message des Alumnis de ma formation en Stratégie digitale : “Ouverture d’une formation de 2 mois à Paris en SEO”. J’ai passé mon entretien au beau milieu d’un lac immense...


...et j’ai été acceptée ! J’ai fini cette formation en décembre 2020. Et aujourd’hui, je cherche un taf, mais je veux m’y sentir utile. Je veux des collègues avec qui c’est fluide. J’ai 40 ans, je m’en fiche d’arriver dans une équipe avec des gars de 25 ans, mais je veux m’y sentir bien. Je suis une Senior en com, mais une Junior en digital. Et je l’accepte totalement !

A l'heure actuelle, je n’ai pas d'appart ni d'adresse fixe, et ça me va bien. Ca m'apporte une énorme liberté dans ma recherche d'emploi et dans ma vie. Mais ça ne veut pas dire zéro obligation. Ca n’est pas parce que tu es sous le soleil et que tu surfes que tu n’as pas de galères ! C’est juste que quand tu es “libre”, c’est à toi de t’imposer tes propres obligations. »