[#61] Anaïs - "I quit mon job de Responsable pour devenir consultante en expérience collaborative"



« J’ai fait un BTS Communication des entreprises au sein de l’ISCOM. Après deux stages qui me confirment mon goût pour la communication interne, une longue traversée du désert commence : ma recherche d’emploi dure 1 an. Je fais une quarantaine d’interviews et finis par rejoindre une franchise de service à la personne. J’en pleure de joie. Je découvre l’univers de la franchise et du développement de réseau.


Les joies de la PME, c’est l’impact, l’agilité avec un petit budget, être dans un Codir à 26 ans… Mais au bout de 5 ans, j’ai envie d’ailleurs : moins de sens, entreprise en décroissance… A l’approche de mes 30 ans, je suis à une baby shower, et un homme parle de son job “Je suis fatigué, nouvel environnement et process…”. J’ai un flash : je réalise que passer mon temps à éteindre les feux au sein de mon entreprise m’éteint intérieurement !

Le jour de mes 30 ans, je vais voir mon Directeur, à moitié en larmes, et je quit. Je rejoins une belle franchise dans le travail temporaire en tant que Responsable développement & logistique du réseau. Je découvre le management direct, franchiseur plutôt premium dans cet univers, beau réseau, équipe compétente… Plus de 3 ans dans une tornade folle, des projets ambitieux… des années inspirantes !

Alors même que le salaire n’est pas ma principale motivation, un entretien mal vécu à ce sujet me fait un déclic : je dois partir. Je commence à me questionner sur ma perception de l’équilibre entre ce que je donne et ce que je reçois... Grâce au précieux soutien de mon mari qui m’a poussée à démissionner, malgré nos responsabilités de parents… I quit ! Ce sentiment de pleine puissance de se choisir soi, c’est très fort.


2 mois plus tard, on part en Lune de Miel à Bali, c’est un peu cliché mais je ralentis enfin… Au retour, je rencontre Julie Landès (qui deviendra mon associée !). Je m’investis dans son association Nénettes & Co, qui accompagne les femmes dans leur projet professionnel. Elle lance l’idée d’une entreprise d’accompagnement dans la qualité de vie au travail. Je ne me vois pas entreprendre, mais me me dis : “A deux, pourquoi pas ?


Nous avons fondé Olympes. J’y suis Consultante-formatrice en marque employeur et expérience collaborateur. Nous voulons simplifier le travail sur ces deux thématiques, avec des kits, outils, formations et animations. J’adore !

J’aide nos clients sur leur parcours d’intégration et de sortie, leur collaboration... Aujourd’hui, on promeut beaucoup la production concrète. Ce n’est pas facile de valoriser des compétences “invisibles”.

Pourtant, l’intelligence émotionnelle, l’organisation, la facilitation sont les atouts qui m’ont permis de changer de métier ! Par ailleurs, l’entrepreneuriat me demande de déconstruire tellement de préjugés. Tu apprends à chercher ta légitimité ailleurs que dans le nombre d’années d’expériences et ça semble être contradictoire avec ce qu’on apprend.

Sauf qu’être au bon endroit et alignée avec tes aptitudes naturelles, c’est ça qui te rend performante. J’apprends à travailler moins mais mieux. J’ai identifié une sorte de biorythme, tout ce qui est conception-production, c’est le matin, les rendez-vous l’après-midi. Et il y a des temps réservés où je ne fais... rien. Créer du vide me permet d’être plus productive sur les temps prévus.


Arriver dans une démarche entrepreneuriale en disant : “Ma qualité de vie est importante, je n’ai pas envie de travailler 12h par jour”, ça n’est pas facile à dire à voix haute et à s’accorder. Au final, le chemin professionnel, ça n’est pas forcément “tout droit et ça monte”. Il existe vraiment plus de choix et de parcours que ça.

Souvent le frein de l’argent revient quand on veut changer, mais l’argent, ça va, ça vient. Est-ce qu’évoluer, progresser c’est forcément gagner plus ? Je constate qu’on peut vivre avec bien moins que ce qu’on croit ! Le plus important pour moi, c’est d’être au bon endroit et d’être animée par ce que je fais. Chacun ses priorités, le tout c’est de les connaître et d’identifier quand elles changent. En bref, s’écouter. »