[#63] Caroline - "I quit une carrière dans la food à Dubaï pour rejoindre le monde du vin en France"


« J’ai fait un Bac L, puis un BTS Commerce international et une Ecole de commerce parisienne. Le secteur de la food m’éclatait : ma mère est une grande cuisinière, mon père est dans le vin. Je passe un entretien chez Madrange (charcuterie, pâtés etc.). Je commence en tant que Chef de secteur en Grande distribution. 6 mois plus tard, je rejoins l’équipe Marketing commerciale et deviens Category Manager au siège.

Mais là, l’entreprise a des difficultés financières. J’ai deux options : me mettre dans le plan social, ou m’accrocher à un boulot qui ne m’emballe plus des masses. Je repense à la discussion de la veille avec mon copain qui a une opportunité à Dubaï. L’idée ne m’emballait pas, mais assise derrière mon bureau sans perspective excitante, je prends mon téléphone, l’appelle et lui dis : “Tu sais quoi ? Go pour Dubaï. Accepte le Job !

Je rejoins Classic Fine Foods. Un bureau qui vient d’ouvrir à Dubaï, spécialisé dans l’import de produits gastronomiques et de distribution pour les Hôtels et restaurants hauts de gamme des Emirats Arabes Unis. Je suis embauchée en tant que Sales Manager. Je me suis éclatée. J’allais à la rencontre des chefs des Emirats, je référençais de nouveaux produits suite à des voyages en France pour rencontrer des producteurs…


Quelques années après, je suis promue General Manager de la boîte. Le boulot était passionnant, mais trop intense : 8h-23h, des dîners quatre soirs dans la semaine, le stock et les humeurs des chefs à gérer, la logistique, les équipes, les soucis de croissance… On a aussi vécu deux rachats : le deuxième nous a beaucoup changé du mode “familial” dans lequel on avait l’habitude de bosser. C’était ultra stressant.


En parallèle, mon père et son associé ont acheté un domaine viticole dans le Languedoc Roussillon et monté une boîte il y a 30 ans dans le secteur du vin : Gilbert & Gaillard. J’étais calée en food, mais moins dans le vin. Quand j’ai senti que j’avais acquis assez de savoir, je me suis dit : “C’est le moment de les mettre à profit de l’entreprise familiale, et de faire évoluer et développer ce que mon père a construit tout ce temps.”

J’ai pensé que je pourrais apporter une vision extérieure et complémentaire de ce qui a déjà été fait (et qui est super !). J’aime aussi la valeur de transmission familiale. J’ai donc quit, et mon mari et moi sommes rentrés. Je me suis d’abord posée un peu, car les dix dernières années avaient été mouvementées et intenses. On a eu deux petites filles que je voyais trop peu, et je me suis dit que c’était le bon moment pour profiter d’elles.

Et 6 mois plus tard, j’ai rejoint la boîte familiale : ça fait maintenant 1 an ! Je m’occupe du développement stratégique et commercial de la boîte : je crée le pont entre ce que je faisais avant et ce qu’ils ont fait eux jusque là. En plus du vin, on va commencer à proposer une gamme food : on produit au domaine du miel, on a des oliviers… Mon père est dans le Languedoc, et moi je suis au bureau commercial de Paris.


Ca n’a pas été simple, j’ai dû quitter la comfort zone dans laquelle je me trouvais. J’ai dû reprendre des formations, bosser le weekend pour me mettre à niveau, car je n’avais pas les connaissances que je souhaitais dans le vin. Je prépare aujourd’hui mon troisième niveau de WSET. Je fais beaucoup de dégustations de vin, j’en fais plusieurs par semaine. Je travaille un peu à la vigne aussi, pour maîtriser l’activité de la vigne au verre.

Ce qui me manque par rapport à mon expérience en food quand je gérais la boîte, c’est l’adrénaline du quotidien avec des journées trop courtes pour tout ce que j’avais à faire. C’était plus intense que maintenant mais très difficile de prendre du recul quand on est à 1000 à l’heure tout le temps.

Mais même si aujourd’hui, le rythme est moins intense, c’est aussi plus réfléchi, plus cérébral, plus stratégie “long terme”. En plus, je mets ma pierre à l’édifice familial. Et le plus important, je vois mes enfants grandir : même si elles grandissent toujours trop vite, je suis beaucoup plus présente. »