[#64] Wilfried - "I quit mon job de Responsable de salle de sport pour devenir formateur"


« J’ai fait un BEP électro-technique. Je n’étais pas passionné, mais j’aimais bien réparer. Puis j’ai fait un Bac pro Maintenance équipements industriels. Je faisais aussi du football à bon niveau, mais suite à un problème cardiaque, j’ai abandonné l’idée d’en faire un métier. Cassé par la nouvelle, je suis resté chez moi pendant plusieurs mois. Et suite à mon Bac, j’ai fait un BTS Négociation Relations clients.


J’ai rejoint l’entreprise Huis clos en CDI. Un jour, j’ai été envoyé en formation et le formateur m’a marqué. C’était un gars extraordinaire. J’ai pensé que ça serait super de devenir formateur. En plus, je suis extraverti, j’aime discuter avec les gens. J’ai mis ça dans un coin de ma tête. J’ai quit ce job, pour faire de la mise en relation entre particuliers et pros, puis j’ai été débauché par Kiloutou, et enfin par une autre société... mais elle a coulé.

J’ai voulu postuler chez “Promo vacances”. Et en arrivant à l’entretien, on m’a dit : “Vous postulez bien pour gérer une salle de sport ?”. Ca n’était pas le cas : c’est en rentrant chez moi que j’ai réalisé que j’avais cliqué sur la ligne en dessous dans le tableau des offres. Et c’est comme ça que je suis devenu Responsable d’une salle de sport pendant 3 ans ! A côté, je me claquais beaucoup au foot, et j’ai testé le yoga. Ca m’a fait me sentir beaucoup mieux.

Un jour, un adhérent m’a donné un livre sur la formation. Je me suis dit : “Allez, je me remets enfin dans ce projet !”. J’ai rejoins une école, et fais un stage dans une structure d’aide à la personne. De fil en aiguille, je suis devenu Chargé de clientèle. Au bout de 3 ans, je leur ai proposé de créer un poste de formateur. La RH a répondu positivement, le poste a été créé…, mais ça n’est pas moi qui ai été choisi ! Dégouté, j’ai quit.


Me retrouvant au chômage, je décide de reprendre le yoga. Je me dis : “Je veux faire de la formation, j’adore le yoga”. Et du coup, je parle à des gens qui ont fait du Yoga teacher training en vue de devenir prof de yoga. Et en septembre 2019, je pars 1 mois en stage en Inde ! J’avais hésité à partir loin, vu que c’était le mois où je devais fêter mes 30 ans, mais je me suis dit : “Let’s go, c’est parti.


Les 3 premiers jours, je me suis demandé ce que je faisais là. Mais l’univers était si bienveillant que c’est vite devenu le plus beau voyage de toute ma vie. Le jour de mon anniversaire, ils ont fait un cercle autour de moi, et chacun me disait une phrase gentille sur moi ou un souvenir. J’en ai pleuré ! A la fin du mois, j’ai mon diplôme : j’en ai encore pleuré. C’était une explosion d’émotions. Aujourd’hui, je donne des cours de yoga à droite à gauche.

Et depuis janvier 2020, j’ai enfin réalisé mon projet : je suis formateur en entreprise au sein d’Edenred (les tickets restaurants). Je fais des formations, du coaching, de l’accompagnement, de la formation continue sur des projets, sur des évolutions par rapport à nos outils… Je peux aussi bien être avec une personne que face à un groupe entier. Je fais aussi des formations à distance, comme des ateliers.

Je me suis toujours dit : “Tu dois avoir un diplôme pour arriver à tes fins”. Mais en fait tu peux atteindre le poste de tes rêves, à partir du moment où tu ne l’oublies pas ! On est tellement pris dans notre routine qu’on en oublie des projets auquel on pense depuis des années...


Aujourd’hui, ma seule frustration, c’est de ne pas encore être à mon compte. Quand j’étais à la salle de sport, beaucoup de gens m’ont dit des phrases qui m’ont donné un déclic. La plus puissante, c’est celle-ci : “Si tu ne travailles pas pour tes rêves, un jour quelqu’un t’emploiera pour travailler pour les siens”.

Pour garder patience, j’essaie de mettre des stratégies en place. Le fait d’être prof de yoga c’est une autre corde à mon arc, et j’ai le projet de devenir coach de vie... Aujourd’hui, mon travail salarié est un terrain de jeu, où je fais mes armes. C’est le meilleur terrain d’entraînement possible pour me préparer à ma future vie, quand je serai à mon compte. Et en attendant, je dois rester concentré, et garder ma volonté. »