[#69] Marine - "I quit l’événementiel pour fonder mon épicerie fine responsable : l’Idealist"


« Après le Lycée, je savais que je voulais faire de l’événementiel. A ce moment-là, tout le monde me disait de faire une école de com. Mais la com n’étant pas de l’événementiel, j’ai malgré tout rejoint une école post-bac d’événementiel ! Je suis très ambitieuse et j’ai toujours eu très envie d’entreprendre, mais on m’a mis beaucoup de bâtons dans les roues du fait de mon âge, et du fait que j’étais une femme.


Dans le cadre de mes cours, on a organisé un défilé de mode caritatif qui a réuni 300 personnes. En parallèle, je faisais des stages (Rolland, Foire de Paris…). En 3ème année, j’ai vécu 2 mois au Maroc, 1 mois au Vietnam, et je suis revenue à Paris. J’ai arrêté avant le Master, je sentais que j’apprendrais plus en entrant sur le marché du travail : bosser très dur, ne pas prendre de vacances, m’enrichir des expériences des autres.

Après mon Bac+3, j’ai l’opportunité de partir 2 ans à New York. Je suis arrivée dans une Agence française de tourisme. J’étais censée y aller pour de l’événementiel, mais cette partie là n’était finalement pas si développée, ça s’arrêtait à répondre à des appels d’offres. Du coup, je faisais du booking : je prenais les demandes de groupes (écoles, entreprises…). Il n’y avait pas du tout d’événementiel !

J’avais de gros problèmes avec la personne qui me dirigeait qui était très méchante, parlait mal à ses employés… Le turnover était énorme ! Je n’avais plus du tout confiance en moi. Je rentrais en pleurs, je disais à mes collocs : “J’ai l’impression d’être un boulet !”. Mon entourage me disait : “Prends sur toi, ton Visa dépend de cette boîte, tiens le coup 2 ans, et toutes les portes seront ouvertes à ton retour en France !


Pendant 3 mois, j’ai hésité à rentrer. Et un jour, je me suis dit : “Je préfère être heureuse à Paris plutôt que malheureuse à New York”. J’ai quit. Avoir le courage de démissionner, ça a été hyper dur. Mais j’ai fini par le faire avant même d’avoir de solution car je savais que c’était mieux ainsi. Et j’ai rejoint French Founders (club d’affaires francophones qui connecte entre eux Dirigeants, Investisseurs et startupeurs…). Ca a été génial.


L’équipe était incroyable. J’ai évolué professionnellement, organisé des événements de dingues avec les plus grands CEO (Hermès, Ralph Lauren, Vuitton…). Je n’ai plus jamais eu ce sentiment d’être un boulet ! Tout a un sens : si tu ne te sens pas à ta place, il faut partir. Mais un jour, mon visa a expiré. J’avais déménagé dans un pays où je ne connaissais personne, je m’y étais construite, je m’y étais fait un cercle d’amis...

Je suis rentrée à Paris. Et 2 semaines après, on a été confinés. Du coup, ma sensation de louper quelque chose à New York a disparu. Je n’avais plus le mal du pays. J’ai candidaté à quelques postes, mais je n’aimais pas assez les projets des boîtes. Du coup, je me suis dit : “Go, lance ta boîte. Tu as toujours voulu faire ça”. Je voulais lancer un concept de restos d’affaires… Mais en plein Covid, lancer un restaurant, ça n’était pas stratégique.

Du coup, j’ai pensé à l’épicerie, et j’ai lancé l’Idealist. J’ai d’abord travaillé le business plan : c’était compliqué. Puis j’ai démarché pleins de marques, organisé une dégustation géante avec mes proches pour avoir leurs retours et savoir quels produits garder… Au moment de l’investissement financier, je réalise que sur une épicerie physique, c’est énorme. Impossible d’aller voir une banque et dire : “Je suis une femme, de 23 ans, et j’ai 0 expé dans le Retail”.


Du coup, j’ai lancé sur Internet, puis j’ai fait un pop up store dans le Marais. J’ai travaillé h24 pendant 1 mois. Je faisais des livraisons la journée, je travaillais mon business le reste du temps. J’ai perdu du poids, frôlé le burn-out… mais ça a payé ! En juillet 2021, j’ai ouvert ma première boutique. Je pourrais me contenter de cette boutique de quartier (en plus, Malakoff, c’est comme un petit village). Mais je vois plus grand.

Ce qui est dingue dans l’entreprenariat, c’est que je ne me paie pas, je ne fais pas des marges de dingue, mais qu’est-ce que j’apprends ! J’ai fait mon site internet toute seule, je prépare les commandes, gère les stocks, j’ai embauché une alternante… Je veux un grand projet, et démocratiser le “bien manger” et valoriser les prix (“pourquoi ça coûte cher ?”). Entreprendre, c’est la meilleure manière d’apprendre à se connaître. »