[#71] Anoussa - "I quit mon job de Fiscaliste pour devenir Attachée de presse dans la musique"


« J’ai d’abord suivi un cursus de psychologie de 3 ans, puis j’ai obtenu un Master 2 Droit et fiscalité de l’entreprise. Mon premier stage s’est super bien passé. Les collaborateurs étaient jeunes, les clients de l’Associé étaient hyper cools : la boîte de prod de Luc Besson, celle de Yann Barthès… J’ai beaucoup appris. Mais au cours de ce stage, je me suis dit : “Ca va être ça, mes 40 prochaines années ?”. Il y avait un souci de vocation.

Mais j’avais déjà 26 ans, je voulais être autonome financièrement et kiffer ma vie à Paris. J’ai refait 2 stages en cabinet, puis j’ai intégré la Direction fiscale de Lagardère Active, la filiale média (Europe 1, Elle…).

Le business était cool, mais l’équipe m'impliquait trop peu. J’ai ensuite rejoint dans une boîte agro alimentaire où je resterais 5 ans. Mon équipe était solidaire, mais je n’étais intéressée ni par la matière fiscale ni par le business.


Malgré ça, j’ai été un bon petit soldat. J’étais la pro du pokerface, pour faire illusion. J’atteignais 100% de mes objectifs. En fiscalité, si tu fais péter une deadline, ça peut coûter très cher mais tout a toujours été respecté. Ma boss a essayé pendant 5 ans de m’intéresser à la matière, de me permettre de m’épanouir. Mais ma quête de sens n’aboutissait pas. Dès le dimanche 14h, j’angoissais. Le lundi matin, j’avais les larmes aux yeux.


J’avais perdu toute confiance en moi. La mauvaise humeur que j’avais au travail se répercutait sur ma vie perso. J’ai donc décidé de faire un bilan de compétences, ce qui a changé ma vie. Ça m'a permis de me lancer dans une grande introspection de 3 mois. Je devais répondre à des questionnaires qui allaient chercher dans les tréfonds de mon existence (mes rêves, les choses dans lesquelles j’excelle…). J’ai pleuré plusieurs fois !

En commençant ce bilan, je pensais être nulle. Je ne savais pas où aller, quelles étaient mes qualités et mes compétences. A la fin, j’ai retrouvé confiance en moi. Pendant les séances, j’avais beaucoup parlé de mon amour pour la musique. Et un jour, j’ai vu une annonce d’un webzine qui recherchait quelqu’un pour faire des photos de concerts et pour écrire des articles. C’est grâce à ce bilan que j’ai eu assez confiance en moi pour candidater.

J’ai expliqué mon parcours au Rédac chef, qui lui aussi se posait la question d’une reconversion dans la musique. Du coup, mon parcours lui a parlé et il a décidé de me faire confiance. J’étais la première personne à être basée à Paris. J’étais la seule à shooter les concerts parisiens. J’ai pu rencontrer des artistes, des managers, des programmateurs de salles, d’autres photographes, des labels…


Au cours d’un shooting, j’ai rencontré un artiste qui a décidé de me faire confiance en me confiant le management de son projet. Ca m’a donné des ailes. Les gens du milieu commençaient à me faire confiance, et je commençais à avoir un peu de légitimité et à développer mon réseau. En janvier 2020, la dernière collègue de mon équipe a démissionné. Ça a été un choc… et un déclic ! Lors de mon éval annuelle, en février 2020, j’ai quit.

Le premier confinement a été dur. Je me suis dit : “Tu n’as pas eu le nez creux sur le timing !”. Mais je n’ai jamais regretté. Mon entourage me disait que je n’avais jamais été aussi rayonnante. M’occuper des relations presse est le fruit d’opportunités et de propositions. Je ne me suis pas levée un matin en me disant que j’allais devenir attachée de presse. J’ai commencé sans structurer cette activité. C’est après que j’ai vu que ça marchait bien.

Et mon réseau commençant à se développer, je me suis dit que je pouvais commencer à me professionnaliser dans cette voie. Aujourd’hui, je suis attaché de presse indépendante et je m’occupe de plusieurs projets. La musique et la photo m'épanouissent bien plus. Mais c’est du travail, du stress. Quand tu accompagnes des artistes sur leurs projets, il faut faire preuve de beaucoup de psychologie, d’empathie et de patience.


Je n’exclus pas de rejoindre une boîte dans la musique. Quand tu es salariée, il y a moins d’insécurité financière, tu bénéficies de locaux et de plus gros moyens que quand tu es freelance. Bien que ma liberté de freelance soit très appréciable ! La vie est faite d’opportunités. Entre le moment où je me suis posée la question de switcher et le moment où j’ai franchi le pas, il s’est écoulé 3 ans ! Il faut persévérer, et être audacieux. »