[#73] Manon - "I quit mon job en agence digitale pour un job à impact"


« J’ai fait une École de commerce à Rouen. Après 6 mois de stage à Paris dans la mode, j’ai fait un stage de 6 mois à Bangkok, chez Krama Krama, qui produit des foulards traditionnels cambodgiens de manière équitable. Je suis allée dans l’atelier de confection au Cambodge, qui permettait à des femmes en situation de précarité de se former au métier de tisserande. Je me suis dit : “Il faut que ce que je fasse ait un sens”.


Puis j’ai fait un échange en Inde. Ca a continué à me faire réaliser l’ampleur des choses à faire dans le monde, pour la société, pour les femmes… A mon retour à Paris, j’ai été déprimée par les offres de stage ! Elles n’avaient aucun sens. J’ai fini par trouver chez Wecandoo, une startup qui propose d’assister à des ateliers d’artisanat pour découvrir des savoir-faire et réaliser soi-même un objet que l’on peut ramener chez soi.


J’ai eu la chance qu’ils soient incubés chez makesense. J’ai passé 6 mois incroyables ! Par la suite, j’ai pris un poste de Sales chez Glovo (livraison). J’ai pris conscience que le management de l’équipe ne me correspondait pas, qu’il était toxique pour mon équipe et pour moi. J’ai quit. Puis j’ai trouvé un job de Commerciale chez Effilab. J’ai beaucoup appris, tant d’un point de vue commercial que market. Ces 18 mois ont été très riches !

Mais quand la crise du Covid est arrivée, j’ai découvert le chômage partiel. Et là, mon travail n’avait plus de sens. J’ai commencé à me re-questionner. Après les vacances d’été, j’ai refusé de continuer à m’enliser dans cette spirale négative. Je repars donc “à zéro”. Je me demande aussi jusqu’où je suis prête à baisser mon salaire. Je regarde un peu le marché, je passe quelques entretiens, mais je ne suis pas convaincue.

Un jour, je tombe sur une offre de Ticket For Change, que je connais depuis mon Master parce que j’avais fait un mémoire sur l’entrepreneuriat social. Quand je lis l’offre, je me reconnais à 100%. Je me dis : “Cette personne, c’est moi !”. Le process dure 3 mois. Au fil des entretiens, je suis sentie emballée par ce qu’il se passe ! J’avais préparé ma boîte, en leur disant que j’aimais le job mais que ça n’était pas le job de ma vie, etc.


Ca fait 10 mois que je suis chez Ticket For Change, et c’est le bonheur absolu. Je suis Chargée de développement du Pôle individus, qui regroupe les programmes, les ateliers, les prestations qui répondent à un besoin des individus (les citoyens, les étudiants, les demandeurs d’emploi, les salariés…) En ce moment, je m’occupe des programmes Les Explorations.


C’est un accompagnement de 3 mois pour les personnes perdues, qui veulent retrouver du sens dans leur travail, et allier vie pro et impact positif. Ca commence par un week-end où on se questionne sur notre définition du sens. Par la suite, tu reçois du contenu, des exos… Tu peux même faire un bilan de compétences. En 2022, en plus de Paris, on va ouvrir Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lille et Lyon.

On a aussi sorti le Manifeste de Ticket for Change en octobre : il a pour vocation de changer la vision qu’on a du travail. Il y a des urgences économiques et sociales énormes. L’idée, c’est que chacun a des talents et des compétences qui peuvent être activés pour résoudre ces enjeux là. Aujourd’hui, je suis hyper heureuse de parler de mon taf. Je peux en parler une demie heure, et je sens que les gens sont emballés ! C’est super gratifiant.

Je me sens beaucoup plus alignée avec qui je suis, car je sens mon impact direct sur la vie des gens, et ça fait du bien. Dans mon job au quotidien, j’ai cette autonomie, cette possibilité d’entreprendre : je m’éclate. Je n’ai aucune routine. Je suis hyper stimulée, hyper épanouie. Mes journées, je ne les vois pas passer, et parfois j’aimerais même qu’elles soient plus longues pour pouvoir bosser plus.


Mon métier, je ne l’ai finalement pas tant changé que ça : j’ai encore ma double casquette commercial (je travaille avec des agences Pôle emploi, il y a du mécénat à aller chercher, il y a des prestations à vendre dans les entreprises…) et marketing. Il n’est pas toujours nécessaire de tout envoyer bouler pour se reconvertir si tu n’es pas encore prêt. Il faut trouver l’entreprise qui a une mission qui te parle à toi. »