[#79] Soukaïna - “I quit une carrière en informatique pour devenir hypnothérapeute”


reconversion

« J’ai eu mon bac ES au Maroc, dans un Lycée Français. Je suis arrivée à Paris, à la Sorbonne. J’ai fait une Licence, je n’ai pas appris grand chose d’utile. Au moment du Master, j’ai eu besoin de concret. J’ai découvert l’Ecole de commerce l'INSEEC, et j’y ai accédé assez facilement. J’ai eu le concours. J’étais intéressée par les profs, j’ai appris pas mal de choses. En stage de fin d’études, je suis allée en Achats de produits électroniques dans l’automobile.


J’étais dans un centre de R&D à Cergy. J’avais l’impression de me robotiser. Il y avait beaucoup de pression sur les fournisseurs, beaucoup de demandes… on parlait de “casser du fournisseur”. J’avais l’impression de devenir méchante dans ma vie perso. Il était temps de partir. On m’a proposé du conseil en informatique en achats. J’ai intégré Atos. Ces années étaient super intéressantes, j’y suis restée 5 ans. J’ai plutôt aimé.


C’était challenging mais plutôt cool. J’ai bossé avec pas mal de groupes pétroliers, où ça n’était pas très “fun”. Ca m’a forcée à être adaptable. J’ai “faké” souvent… et ça marchait ! Ma dernière mission était chez Renault et a duré 2 ans. Je suis rentrée dans la culture de la détente, des baskets, c’était un sas de respiration dans ma vie pro. On buvait des verres tous les soirs. Dans certaines entreprises, on peut se sentir bien !

Puis j’ai rejoint une start-up au sein d’un grand groupe. Super feeling en entretien, mais dès mon premier jour de travail : grosse désillusion. L’ambiance était très tendue. Je passais mon temps au téléphone devant un écran. Ça a usé mon âme. Je pensais que je pourrais m’adapter, mais j’ai fini par me retrouver sous une pression immense. J’avais l’impression de foncer dans un mur. J’étais sur un radeau, et je voyais la cascade.

J’avais des crises d’angoisse, je suis devenue l’ombre de moi-même. C’était devenu ma norme, jusqu’à ce que mes proches me disent “Euh… t’as pas l’air d’aller bien, tu dors tout le temps, tu veux plus sortir…”. J’ai décidé d’aller chez un psy. Elle m’a prescrit du Xanax dans un premier temps… puis a fini par me mettre en arrêt maladie. On a tendance à se dire que ce sont des vacances, mais non. Je culpabilisais énormément.


Je voulais rebondir le plus vite possible. Je voulais trouver autre chose, mais sans faire un choix de survie, de fuite. J’ai fait les ateliers “Les liens” à République : c’était du développement personnel, de la sophrologie… J’avais envie de faire un choix de coeur, pour la première fois de ma vie. Et surtout, stopper mes peurs. J’ai réalisé ma créativité, mon empathie, mon envie d’accompagner les autres. J’ai étudié aux autres, à l’argent…


On se cherche souvent “une” mission dans la vie, “le” truc qui nous fait vibrer. Mais ça nous ferme plein de portes. Je me suis accordé le droit d’essayer, de changer, de reculer. Je faisais des séances d’hypnose. J’ai toujours été fascinée, j’avais même cherché des formations dans le passé. J’ai alors découvert l’hypnose par les histoires. J’ai eu un déclic, je me suis inscrite à la formation sans même me renseigner plus.

Je suis hypnothérapeute depuis mars 2022. Je goûte à ma liberté, tout en prenant les responsabilités qui vont avec, mais avec plaisir. Je ne peux pas râler, tellement j’aime mon quotidien ! J’ai découvert une autre notion de liberté. Avant, je me disais: “Je devrai m’imposer un cadre, une discipline…". Je m’auto-sabotais, je mettais des contraintes et des cadres partout… et j’ai gâché plein de projets à cause de ça !

Maintenant, je me lève le matin et me dis : “Tiens, qu’est-ce que j’ai envie de faire aujourd’hui ?” Quand tu fais les choses parce que tu es motivée, ça va beaucoup plus vite. Du coup, à côté, tu peux te permettre de rester plus longtemps au lit, de faire des pauses télé… Chaque séance est différente, parfois il se passe des choses incroyables en séance… Mon quotidien est encore mieux que celui que j’imaginais.


Les gens qui viennent te voir entrent stressés, mais sortent détendus et souriants. C’est précieux. En plus, quand un client est en séance, moi aussi. Je suis sous hypnose toute la journée ! J’ai beaucoup moins d’argent, mais je suis devenue tellement détendue. On a tous des croyances, des peurs de l’insécurité financière qui nous viennent de nos parents ou de l’entourage… mais elles se dépassent ! Tout est possible. »