[#88] Damien - “I quit mon job de journaliste radio pour devenir slasheur coach et formateur”


reconversion

« En Seconde, j’étais bon élève, mais je n’avais pas envie d’aller en S. J’ai dit à mes parents : “Je veux être journaliste, ES, c’est plus adapté”. Quelques mois avant mon Bac, je décide de tenter les concours de Sciences Po. Malgré une prépa à Ipesup, j’échoue. Je rejoins donc une Fac à Amiens en LEA. Je fais ma Licence, un Erasmus en Espagne. Je passe alors les concours des Écoles de Journalisme, et je suis pris à celle de Nice.

Et là, révélation. Je me sens à ma place, j’aime analyser les choses, développer mon sens critique. Un de mes profs m’a marqué, un ancien grand reporter d’une douceur et d’une pédagogie impressionnantes. Je me spécialise en audiovisuel en deuxième année. Je fais mon stage dans le groupe NRJ à Lille. Je suis bien intégré, je fais mes reportages… et même quelques interviews d’artistes diffusées à l’échelle nationale !

Pour le stage suivant, je suis pris à RFM à Paris, mais ils me plantent 2 semaines avant. Je rejoins donc une petite radio dont le thème est la santé et le handicap, à Paris, Vivre FM. Une partie des salariés sont des personnes en situation de handicap. Je fais de superbes rencontres. Et je passe à l’antenne tous les matins, en direct ! Puis NRJ me propose un job à Beauvais, en CDI… le “graal” ! En plus, NRJ, une grosse boîte, la sécurité…


En postulant, je me disais quand même qu’en termes d’information, c’est loin de ma conception du journalisme. Et au bout d’un an et quelques, j’en ai marre. Les réveils de matinales à 4h du mat, l’actu “positive” à tout prix. La guerre en Syrie démarre, je propose d’en parler, on me répond : “Non Damien, ça n’est pas positif !”. Une radio célèbre m’appelle pour un poste à Paris. On est 500 candidats, et je finis… deuxième.


Le Rédacteur en chef m’appelle : “La Direction a choisi un autre journaliste à son timbre de voix. Mais j’ai une opportunité pour toi en local, Rouen”. Je rencontre alors la Rédactrice en chef des locales, et je démarre en 2013. J’adore le job, car l’info est très générale pour une radio musicale. Le moral est assez bon, même si je suis parfois arrêté par mon médecin quand le corps ne suit plus à cause du manque de sommeil et du stress.

On couvre l’actualité de Rouen et de sa région. Arrive alors l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Sur le coup on est dans un tunnel. Mais quand vient la décompensation, c’est dur. Quelques années plus tard, l’explosion de l’usine Lubrizol à Rouen. Nouveau trauma. En 2017, je fais un bilan de compétences et décide de devenir Formateur en entreprise. Je commence des missions freelance en parallèle de mon job.

Mon management devient alors toxique : pression inutile, reproches… La personne m’a incendié pour avoir dit “policier” au lieu d’“agent de police”. Malgré mon envoi de plusieurs captures de Libé ou du Parisien par exemple parlant de “policiers”, elle s’est acharnée. Mon entretien d’évaluation est une guerre psychologique de 2 heures. “Tu es trop susceptible…”. Défense plutôt classique dans le cas de harcèlement.


Au fond de moi, je sentais que j’avais envie d’accompagner les gens dans leurs rapports humains. J’étais entouré de proches à bout, et je les écoutais, les aidais, et prenais plaisir à le faire. J’ai donc quit, et après 1 mois de repos et de récupération, j’ai découvert la boîte Orientaction, qui recherchait des consultants en bilan de compétences. J’ai fait ma formation chez eux en juin 2022, et je suis aujourd’hui membre de leur réseau d’indépendants.

A la rentrée, je débute une formation de Conseiller en évolution pro, qui me donnera un niveau Bac +4. En parallèle, j’ai réalisé que je ne voulais pas abandonner complètement la radio. Je vais donc également contacter des établissements scolaires pour continuer à former les profs et les élèves aux métiers de la radio. Dans mes projets, j’ai aussi celui de faire de la voix-off sur des docus.

J’ai aussi créé le podcast “On Air En Off” avec mon amie Claire : c’est une émission d’une heure toutes les semaines où on rencontre les gens qui se présentent par leur métier dans la partie “On Air”, et qui passent au récit de qui est l’humain derrière ce job dans la partie “En Off”. Je souhaite vraiment rester à mon compte, car je suis touche à tout, j’aime faire des choses diverses. Et surtout, j’ai réalisé que ma liberté comptait beaucoup pour moi. »