[9] Marie - "I quit le design pour créer ma marque de parfums éco-responsables"


Entreprenariat

J’ai fait des études de design produit. J’aimais bien dessiner, et je trouvais ça concret. Mon premier job était en tant que Designer produit au sein de BETC Design. J’y suis restée 7 ans. L’ambiance était bonne, il y avait beaucoup de soirées, et pleins de projets intéressants. Mais malheureusement, je n’ai eu aucune évolution en 7 ans.


J’ai alors rejoint une nouvelle agence, Cent Degrés. Et là-bas, j’ai pu évoluer. J’ai été Chef de projet, Directrice artistique, puis Directrice de création.

Je manageais plusieurs bureaux de créa, en graphisme, design produit et merchandising. J’ai beaucoup voyagé, en Chine, au Brésil, à Dubaï, aux US, en Israël.... C’était super intéressant.

Mais c’était très spécialisé en cosmétique (parfums et soins). Ca devenait répétitif. Je me suis alors posé des questions de sens. Et un jour, en voyage au Brésil, j’ai assisté à une conférence B-Corp de Natura (marque de cosmétique brésilienne). J’ai trouvé génial que des patrons essaient de mélanger des entreprises business commercial avec un engagement social et écologique.


Et puis je ne me retrouvais absolument pas dans les valeurs portées par les marques de parfum traditionnelles ou de “niche” françaises pour lesquelles je travaillais. Elles parlaient majoritairement de séduction, de réussite et de pouvoir ou alors d’exclusivité. Il y avait très peu de marques engagées sur le social ou l’écologie.

Avec un ancien collègue de Cent Degrés, on a alors décidé de créer Maison Matine, une marque de parfum éco responsable, made in France, et engagée socialement. Nous voulions également une marque de parfum créative et accessible, qui parle à tous.

On a monté le business plan, on a fait la stratégie... Et après 1 an de développement, on a commencé à produire.


Au Tax Free de Cannes (gros salon cosmétique), on a montré nos premiers parfums. D’anciens clients nous ont été d’une aide précieuse pour avoir de la visibilité. C’est agréable de voir qu’après 14 ans de bon travail auprès d’eux, ils m’ont aidée quand j’en ai eu besoin ! Puis on a trouvé des boutiques en France (dont le concept store Fleux, dans le Marais), en Europe… et même en Australie, à Taïwan, à Dallas ou encore à Tahiti !


On a gagné énormément de liberté.

Dans le salariat, ce qui me pesait le plus, c’était de devoir toujours faire plaisir, arrondir les angles, de de ne pas pouvoir vraiment dire ce que je pensais parce que c’est “le client” ou “le patron”... Au final, on fait trop rarement ce qu’on veut !

Quand tu as des enfants, le risque est élevé. Les gens restent donc enfermés dans leur salaire. Plus tu gagnes, moins tu peux baisser ton niveau de vie. Tu as peur de quitter le salariat, de chuter dans le vide. Mais quand tu pars, tu te rends compte qu’il y a du boulot ailleurs, tu rencontres des gens, tu n’as plus de raisons d’avoir peur !


C’est plus stressant, parce qu’on a la responsabilité de tout (bureaux, factures, notes de frais, mutuelles…). Et il y a aussi une limite moins concrète entre maison et boulot. Mais au moins, c’est ton projet à toi !