[#99] “I quit une carrière en grand groupe pour devenir coach”


reconversion

« J’ai un parcours que j’aime décrire comme en zig zag. J’ai fait des études de Philosophie et d’Art et Design. Je me destinais à l’enseignement. Mais à la fin de mes études, j’ai eu une première remise en question de mon projet pro. Je n’avais plus envie d’être dans l’Education nationale. J’avais travaillé dans l’univers commercial, et j’y avais découvert le merchandising. Ça m’avait plu car cela mêle l’orientation sales et la dimension créative.


J’ai donc fait de la scénographie pour des enseignes pendant quelques années. J’ai travaillé pour des secteurs variés (luxe, mass market, événementiel…) et j’ai managé très vite des équipes. J’ai alors intégré un grand groupe français de Distribution en tant que Manager. C’est comme ça que j’ai découvert le recrutement : en recrutant mes propres équipes.


Un jour, je me suis fait chasser par un cabinet de chasse. Je rejoins cet univers, et j’ai à nouveau appris beaucoup sur le recrutement. J’ai ensuite rejoint un grand groupe et monté un cabinet de recrutement en interne avec la Responsable de l’époque. Je recrutais sur toutes les fonctions transverses. Le jour où ma Responsable est partie, j’ai pris sa place. Il y avait un gros volume de recrutement et de supers projets.

Mais au fond de moi, je voulais (véritablement) aider les gens. Le confinement me libère du temps pour réfléchir. En entretien, je voyais tout le temps les mêmes erreurs, à tous les niveaux hiérarchiques… même à haut niveau ! Je voyais aussi combien changer de job, c’est changer tout court. Ça a été mon déclencheur. Je ne voulais plus me contenter de donner des conseils : je voulais développer quelque chose de transformatif.

Je devais vérifier que je pouvais vraiment aider les gens avant de lancer mon activité de coach. Je voulais faire attention à mon impact. On parle d’humains ! J’ai donc d’abord lancé mon side projet en parallèle de mon job. J’y dédiais mes soirées et week-ends. C’était dingue comme période, mais ça m’a permis d’affiner mon style, de choisir les sujets sur lesquels je voulais me concentrer… Après quelques mois, j’ai quit et je me suis lancée.


J’accompagne les entreprises à trouver, former et structurer leurs équipes de recrutement. J’accompagne aussi les particuliers sur les moments de transitions professionnelles : bilans de compétences, préparation aux entretiens et prise de poste, des moments charnières dans une carrière qui sont autant d’occasions de se développer. Mes clients sont souvent de “bons élèves”, qui, un jour, décident de changer de standards.


Quand tu changes de boîte ou de job, tu changes d’identité, de référence, de codes. Tu te retrouves toi-même. Et plus tu avances en âge, plus cette dimension est prégnante. Ton job nourrit ton épanouissement et inversement. C’est cet accompagnement du changement que j’adore. C’est notre nature d’humain d’être évolutifs. On vit tous des moments de changement, pendant lesquels on est vulnérables.


Les recruteurs devraient comprendre que les carrières ne sont plus linéaires, mais des espaces d’expression en mouvement. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle car ça apporte plus de compétences. Aujourd’hui, je décide de tout. J’ai ma stratégie, mes clients. J’adore ma flexibilité. Pouvoir travailler d’où et comme je le veux.

Même si on reste dans un écosystème avec des routines et des règles, j’avais envie d’avoir quelque chose de plus flexible. Et malheureusement, c’est encore dur à trouver dans la plupart des entreprises. Je travaille beaucoup. Mais même si je ne dénigre pas le salariat, désormais, quand je fais 50 heures par semaine, c’est pour moi et plus pour la boîte de quelqu’un d’autre.

Je n’ai pas de plan de carrière. Je ne raisonne pas de manière linéaire. J’ai une vraie expertise en recrutement, et je suis pédagogue. Aujourd’hui, mes activités et mes compétences se maillent, se retrouvent. Même la philosophie étudiée pendant mes études, lors de certains coachings. Tout cet écosystème a enfin du sens pour moi. »