[#59] Clémence - "I quit mon job de Commerciale ingénieure d'affaires pour monter mon club féminin"


reconversion professionnelle,

« J’ai fait un Bac L, puis je suis allée à la Fac, en bi-licence Histoire-Espagnol. Puis j’ai rejoint une École de commerce, pour faire de la communication et des médias. Ayant choisi un secteur très concurrentiel, j’ai fait au mieux pour faciliter mon entrée dans le monde du travail (bonnes notes, jobs d’étés, stages à San Francisco ou à New York pour rendre mon CV attractif, mais aussi parce que j’adore voyager…).

Pourtant, j’ai galéré pour trouver un job ! Mon premier CDI était en tant qu’Ingénieure d’affaires. On m’a vendu un job polyvalent dans lequel je serai stimulée et épanouie… mais c’était faux, donc j’ai quit direct ! A côté, j’adorais la cosmétique naturelle. Je fais mes propres cosmétiques capillaires pour cheveux crépus, et vu qu’il y avait un essor de la cosmétique pour cheveux crépus, j’ai cherché à trouver un job dans ce secteur.

Avec mon ex-associée, on a décidé de monter une boîte pour former les coiffeurs à coiffer les cheveux bouclés, frisés et crépus. On a finalement dû mettre ce projet en stand by faute d'investissement. En parallèle, j’ai créé mon club féminin, Find Yourself. J’étais dans une crise de sens. C’était viscéral, j’avais besoin de créer quelque chose qui rassemble des valeurs qui m’étaient chères.


En 2018, j’ai créé un évènement : “Rencontre entre femmes ambitieuses et bienveillantes et qui se posent des questions sur comment développer leur carrière sans sacrifier leur développement personnel”. 1 semaine après, j’ai voulu faire machine arrière et le supprimer : mais des personnes s’étaient inscrites. Du coup, il a eu lieu : on était 5. J’ai adoré parler à des femmes que je ne connaissais pas sur des sujets qui nous touchaient !

Je vois bien que des discussions sont plus faciles à avoir entre femmes : l'inégalité salariale, quelle place prendre dans la société...Il y a certes des problèmes structurels, mais il y aussi des plafonds de verre qu’on s’impose à nous-mêmes en tant que femmes : comment en prendre conscience, et les déconstruire ? L’ambition a tellement de visages ! Qui j’ai envie d’être, qu’est-ce que j’ai envie de faire ?

J’ai fait un événement par mois : au début, des afterworks débats sur par exemple “La peur et comment la dépasser”. Puis j’ai invité des experts de la négociation salariale, du rapport à l’argent, du personal branding… On vivait des moments super cool, mais souvent, il ne restait aucune trace de nos ateliers, afterworks et conférences. Du coup, j’ai créé un podcast pour remédier à ce problème !


Et en 2021, j’ai décidé de lancer un talk-show. Je réunis des femmes de tous horizons, de toutes origines, mamans ou non, de 19 à 44 ans… Je me suis dit “Je rencontre des femmes qui me donnent des leçons de vie incroyables, et il y a 1000 parcours extraordinaires que je veux mettre en avant, plutôt que continuer à me plaindre de la sous-représentation de certains types de femmes dans les médias classiques”.


On a lancé le premier épisode la semaine dernière. On va faire 1 épisode par mois, ponctué d’interviews d’intervenantes entre les épisodes. Aujourd’hui, je souhaite développer Find Yourself, mais il y a plein de choses que j’ai à apprendre à être dans une boîte, en termes de process… J’ai donc décidé de prendre un poste de Chargée de com 360° dans un gros groupe américain, WW (bien être et rééquilibrage alimentaire.

Dans la vie, rien n’est figé. Je me dis : “Prends le temps de t’écouter”. Pour le moment, mon choix, c’est ma sécurité, et l’accomplissement de projets qui nécessitent une stabilité. Et demain, quand je me sentirai prête à me lancer à temps plein, je le ferai ! Le plus important, c’est de faire ce que j’aime, et d’apprendre. Alors même si c’est frustrant parfois d’être partout et nulle part à la fois, aujourd’hui, je l’accepte bien.

A l’école, tu fais beaucoup de choses pour apprendre un métier, mais on ne se pose jamais de questions sur qui on est. C’est pour ça qu’il y a autant de gens qui ont des crises de sens ! C’est révoltant. C’est dans ce sens que j’ai structuré mon club : lier développement personnel et pro. Trop de gens doivent encore faire le grand écart entre qui ils sont au travail, et qui ils sont “dans la vraie vie”... »