Lecture [#12] - “Femme, réveille-toi !” de Olympe de Gouges

"Olympe de Gouges est née en 1748 à Montauban et morte guillotinée en 1793 à Paris. Femme de lettres et femme politique, elle prend de nombreuses positions pendant la Révolution française notamment par la publication de brochures appelant à des réformes sociétales et sociales.


Ainsi, elle se prononce pour la légalisation du divorce, l’éducation et le droit de vote des femmes, la reconnaissance des enfants naturels et plus largement pour la démocratie, contre l’esclavage et les violences faites aux femmes."

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« Condamnées dès le berceau à une ignorance insipide (...) les maux sans nombre dont la nature nous a accablées, nous rendent trop malheureuses, trop infortunées, pour que nous n’espérions pas qu’un jour les hommes viennent à notre secours. »


« Souvent on voit de jeunes femmes, après avoir souffert jour et nuit des douleurs aigües, expirer entre les bras de leurs accoucheurs et donner, en mourant, la vie à des hommes dont, jusqu’à ce moment, aucun ne s’est occupé sérieusement de témoigner le plus petit intérêt à ce sexe trop infortuné, pour les tourments qu’il lui a causés. »


« Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? ta force ? tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, ton tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique. Remonte aux animaux, consulte les éléments (...), cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes dans l’administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef d'œuvre immortel. L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles (...). »


« L’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison. »


« Les contributions de la femme et de l’homme son égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie. »