Lecture [#6] - King Kong Théorie, de Virginie Despentes

Dans son essai King Kong Théorie, Virginie Despentes revient sur les problématiques liées à son œuvre, et à sa vie : prostitution, trauma lié au viol... Elle y dresse un constat du "féminin" aujourd’hui, et essaye d’imaginer un autre futur possible...


Plutôt que de vous proposer des extraits, je vous propose cette fois-ci les derniers paragraphes du livre, poignants.

King kong théorie

Le dernier passage du livre :


« Bien sûr que c’est pénible, d’être une femme. Peurs, contraintes, impératifs de silence, rappels à un ordre qui a fait long feu, festival de limitations imbéciles et stériles. Toujours des étrangères, qui doivent se taper le sale boulot et fournir la matière première en faisant profil bas…


Mais à côté de ce que c’est, être un homme, ça ressemble à une rigolade… Car, finalement, nous ne sommes pas les plus terrorisées, ni les plus désarmées, ni les plus entravées. Le sexe de l’endurance, du courage, de la résistance, a toujours été le nôtre.


Pas qu’on ait eu le choix, de toute façon. Le vrai courage. Se confronter à ce qui est neuf. Possible. Meilleur. Echec du travail ? Echec de la famille ? Bonne nouvelles. Qui remettent en cause, automatiquement la virilité.


Autre bonne nouvelle. On en a soupé, de ces conneries. Le féminisme est une révolution, (...) il n’est pas seulement question d’améliorer les salaires d’appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air.


Sur ce, salut les filles, et meilleure route… »