[2] Thomas - "I quit mon job de DevOps pour produire des musiques électroniques"


Entreprenariat

Je fais de la musique sous toutes ses formes depuis que j’ai 10 ans : guitare, batterie… J’avais même un groupe au lycée, on a fait des concerts, notamment à la Cigale. C’était génial.


Quand je suis arrivé en école, je me suis mis à la musique électro. Au début, je ne faisais que mixer. Puis j’ai produit mes propres sons.


Tout au long de mes études, j’ai énormément travaillé là-dessus. J’aimais tellement ça que j’ai hésité à finir mon école.


Mais il ne me restait qu’1 an, et je me disais “peut-être que mon job me plaira”. Et de toutes façons, je n’avais pas assez d’économies pour me lancer dans le son.

J’ai finalement obtenu mon diplôme d’ingénieur en systèmes d’information, et mon premier job était en tant que DevOps chez Ekino (groupe Havas).


En tant que DevOps, tu codes beaucoup, tu t’auto-formes sur la théorie, tu explores pleins d’aspects... Ce job m’a boosté. Il m’a mis un cadre, m’a permis d’être plus curieux, plus proactif.


En plus, j’étais très bien payé, et les gens étaient supers. Ca ne m’a pas fait plaisir de partir. C’était une très bonne expérience, et je ne regrette rien.

Mais dès le début, je savais que ça n’était pas “le job de ma vie”... que c’était un job alimentaire que je quitterais tôt ou tard. Quand tu veux faire de ta passion un métier, tu as besoin d’un boost.

Ce sont mes amis qui m’ont le plus aidé. Ils m’ont convaincu que ça pouvait marcher, je me suis dit: “Je suis jeune. Autant tester ça maintenant.” Et je me suis lancé dans le son après 2 ans chez Ekino.


J’avais initialement prévu de me laisser 2 ans pour percer. Mais c’était compliqué au début. Quand tu es salarié d’une boite, tu ne gères pas tout toi même.


Or l’aspect auto entrepreneur est vraiment compliqué, c’est overwhelming... Mais au fur et à mesure, tu te fixes un cadre. Tu respectes des horaires de bureau standard, sinon tu deviens fou

J’ai travaillé à fond sur mon projet. Je me suis auto formé, j’ai fait ma promo en ligne… Un ami m’a aidé sur le marketing un autre sur le booking. J’ai notamment joué au Palais de Tokyo, à la Bellevilloise, au live Lollapalooza… Mon son Lost boys a dépassé les 3 millions d’écoutes sur Spotify !

Et j’ai la chance d’avoir des contacts partout, et surtout aux US. Avec internet, c’est simple de collaborer, de se soutenir.


Mais je traverse aussi des phases de doutes… Par exemple, la plupart de mes fans sont aux US. Or les concerts là-bas, c’est compliqué. Il faut un visa, et pour ça, il faut des sponsors, des contacts au sein de gros labels…


En tant qu’artiste, parfois, je me dis “est-ce que je dois vraiment aller dans cette direction?”. Et en tant qu’auto-entrepreneur, je me remets pas mal en question, vu que c’est de ma propre personne qu’il s’agit.

Dans une boîte, tu parlerais à tes collègues. Mais là, tu es seul et tu peux parfois déprimer. Ça n’est pas facile mentalement pour tout le monde.

Mais heureusement et à ma plus grande joie, je viens de rejoindre le label Monstercat, l’un des plus gros labels du milieu de l’électro Je sors mon premier EP avec eux très prochainement.


J’ai hyper hâte ! Il m’a apporté une nouvelle audience. Elle est très proactive, mes fans sont 10 fois plus à fond. J’ai aussi le projet de devenir freelance. Pourquoi pas faire des sons pour d’autre producteurs...


Les 2 ans que je m’étais donnés pour percer sont aujourd’hui écoulés...mais j’exclus totalement l’idée d’arrêter !

J’ai bien trop d’opportunités qui se présentent à moi. Ca n’est pas le moment d’abandonner. Quand tu es sur une pente ascendante, il ne faut surtout rien lâcher.